Maria Antonia Samà

Un décret de la Congrégation pour les causes des saints, autorisé par le pape François, annonce un miracle dû à la prière d’une laïque italienne décédée en 1953, Maria Antonia (« Mariantonia ») Samà, qui pourra donc être béatifiée.

Quatre autres décrets reconnaissent, selon le terme technique, les « vertus héroïques » de quatre baptisés, deux d’Italie – dont un jésuite mort au Mexique –  et deux d’Espagne.

Le pape a en effet autorisé la publication de ces décrets lors d’une audience accordée au préfet de la Congrégation pour les causes des saints, le cardinal Angelo Becciu, hier, vendredi 10 juillet 2020, annonce le Vatican ce samedi 11 juillet.

Dans la nuit du 12 au 13 décembre 2004, à Gênes

Le miracle est attribué à l’intercession de la « vénérable servante de Dieu » Maria Antonia (Mariantomia) Samà, une laïque italienne, consacrée par des vœux privés, mystique, née le 2 mars 1875 à Sant’Andrea Jonio, en Calabre, dans la province de Catanzaro, et décédée dans son village natal le 27 mai 1953.

Pour sa béatification, la postulation de la cause a présenté à l’examen de la Congrégation romaine la guérison réputée miraculeuse, attribuée à son intercession, d’une dame atteinte d’une forme dégénérative grave d’arthrose jusqu’aux genoux (« gonarthrose bilatérale avec symptomatologie algique-fonctionnelle ») ce qui lui causait une douleur insupportable aux genoux.

L’événement s’est produit dans la nuit du 12 au 13 décembre 2004, en Italie, à Gênes: en proie à une douleur intense, la dame a commencé à implorer Maria  Antonia Samà qu’elle avait connue dans son enfance. Après l’avoir invoquée, elle s’endormit et le lendemain matin, en se levant, elle a constaté que ses douleurs avaient disparu et elle a pu reprendre toutes ses activités.

Clouée au lit à 13 ans

Mariantonia Samà est née à Sant’Andrea Jonio (Catanzaro) le 2 mars 1875. Elle perd son père très tôt et passe son enfance à aider sa mère dans les tâches quotidiennes de la famille paysanne : entre autres, elle accompagne un âne chargé de blé au moulin et le ramène ensuite au village avec les sacs de farine, recevant une miche de pain par semaine.

Vers l’âge de 13 ans, Mariantonia est atteinte d’une maladie arthritique ou neurologique qui la cloue au lit pour le reste de sa vie. L’obscurité, le froid, l’extrême pauvreté et les conditions économiques précaires de la famille rendent plus atroces les souffrances physiques de Mariantonia et la souffrance morale de sa mère, mais les deux gardent la force et le courage de la foi et de l’espérance dans l’aide de la divine Providence.

Le curé de la paroisse, les pères rédemptoristes et les sœurs du Sacré-Cœur prennent soin de la vie spirituelle de Mariantonia. Vers 1915, elle se consacre à Dieu, prononçant ses vœux religieux en privé. À partir de ce moment, elle se couvre la tête d’un voile noir et devient pour tout le monde « la Monachella di San Bruno », la religieuse de Saint Bruno. Depuis lors, sa maison est un point de référence spirituel pour les habitants du pays.

Après le décès de sa mère, le 24 février 1920, Mariantonia est aidée par une femme âgée. Les habitants de Sant’Andrea lui apportent la nourriture nécessaire et elle partage avec d’autres dans le besoin ce que lui est donné.
De l’Eucharistie, apportée chaque jour par un prêtre, et de la récitation du rosaire trois fois par jour avec les visiteurs, Mariantonia tire la force de supporter ses souffrances.

« Elle montre à tous le chemin de l’amour »

Elle vit dans la pauvreté, de manière humble et simple, réussissant à transformer sa maison en un petit temple et à devenir pour beaucoup une maîtresse de prière.
« Aucune seule plainte n’est jamais sortie de sa bouche », témoigne Dora Samà, qui fréquentait Mariantonia, dans son livre biographique (Une vie cachée en Christ).

Les fidèles la considèrent déjà « sainte » pendant sa vie. Quand elle meurt le 27 mai 1953 à l’âge de 78 ans, ils écrivent sur sa tombe : « Elle a vécu pour l’amour, pendant 60 ans elle s’est purifiée dans l’amour et maintenant du Ciel elle montre à tous le chemin de l’amour. »

Sur la base de sa réputation de sainteté, qui persiste même après plus d’un demi-siècle après sa mort, l’Église de Catanzaro-Squillace a lancé, le 9 février 2007, l’enquête diocésaine en vue de sa béatification et canonisation, qui a pris fin le 31 janvier 2012.

Les dossiers sont passés à Rome. Le pape François a reconnu le caractère héroïque de ses vertus humaines et chrétiennes le 18 décembre 2017.