Un miracle dû au prêtre allemand Franziskus Maria Jordan

Un miracle attribué à l’intercession du p. Franziskus Maria vom Kreuze (1848 -1918), né Johannes Baptist Jordan, prêtre allemand, fondateur de la Société du Divin Sauveur (salvatoriens) et des Sœurs du Divin Sauveur (salvatoriennes), a été reconnu par le Vatican, ouvrant ainsi la voie à sa béatification.

L’Église catholique reconnaît en tout trois miracles, un martyre et les « vertus héroïques » d’une religieuse : le pape François a en effet autorisé la Congrégation pour les causes des saints à promulguer cinq décrets en recevant le préfet, le cardinal Angelo Becciu, le 19 juin 2020.

Le miracle

Un jeune couple qui attendait un bébé à Jundiai, au Brésil, en 2014, a été informé par plusieurs médecins et spécialistes que leur enfant souffrirait dès la naissance d’une maladie osseuse incurable (dysplasie squelettique). En tant que membres d’un groupe de laïcs salvatoriens, les parents ont commencé à prier le père Jordan, et ont invité d’autres membres de la famille salvatorienne à se joindre à eux. L’enfant est né en parfaite santé le 8 septembre 2014, le jour anniversaire du décès du père Jordan. Après les procédures canoniques nécessaires, les médecins ont déclaré que cette guérison inexplicable par la science avait été opérée par Dieu par l’intercession du père Jordan.

Johann Baptist Jordan est né le 16 juin 1848, à Gurtweil, un petit village dans le sud-ouest de Baden, à quelques kilomètres de la ville du district de Waldshut, à proximité de la frontière suisse.

Issu d’une famille pauvre, il travaille comme ouvrier et peintre-décorateur, après avoir terminé l’école primaire, voyageant dans ce qui est alors l’Allemagne.

Quelques années plus tard, il décide d’entreprendre les études de théologie, en commençant, en 1869, des cours privés avec ses amis prêtres à Waldshut et, ensuite, en continuant ses études au gymnasium de Constance. Il est particulièrement doué pour les langues : pour l’examen de fin d’études, il présente une composition en huit langues européennes et une autre dans quatre autres langues.

En 1874, il commence les études de théologie et de philologie à l’Université Albert Ludwig de Fribourg-en-Brisgau. Après les  avoir terminé avec succès, il commence sa préparation au sacerdoce au séminaire Saint-Pierre, dans les environs de cette ville.

En outre, il commence à écrire son journal spirituel, dans lequel il note les idées les plus importantes jusqu’à sa mort. Ce journal constitue une source précieuse pour la connaissance de sa personnalité et de sa vie spirituelle.

Le 21 juillet 1878, Jordan est ordonné prêtre et, plus tard, sur l’ordre de son évêque, il part pour Rome pour étudier de langues orientales : le syrien, l’araméen, le copte, l’arabe, ainsi que l’hébreu et le grec.

Après son voyage au Moyen-Orient en 1880, il commence à mettre en œuvre son idée de fonder une congrégation missionnaire de religieux et laïcs pour la défense et la propagation de la foi catholique parmi les non-chrétiens.

L’institut est fondé sous le nom de Société apostolique d’instruction le 8 décembre 1881, à Rome. À ce moment-là, P. Jordan prend le nom du p. Franziskus Maria vom Kreuze (de la Croix). En 1888, il fonde – avec Thérèse von Wuellenweber (la bienheureuse Marie des Apôtres) – une deuxième congrégation religieuse féminine : Sœurs du Divin Sauveur.

En 1893, la communauté masculine reçoit son nom actuel: la Société du Divin Sauveur. En 1911, les salvatoriens reçoivent l’approbation papale.

Père Jordan se consacre totalement au développement de son institut en tant que fondateur, guide spirituel, et supérieur général. Plusieurs maisons de la nouvelle Société sont fondées dans les pays d’Europe et dans d’autres parties du monde. Avec le temps, les membres de sa communauté et les personnes de l’extérieur commencent à considérer le Père Jordan comme un homme qui mène une vie sainte.

En 1915, à cause de la Première Guerre mondiale, la direction de la Société ainsi que le Père Jordan se déplace de Rome vers la Suisse qui était neutre. Après s’être retiré de l’administration active de son institut lors du Chapitre Général de 1915, le Père Jordan passe les trois dernières années de sa vie à Fribourg (Suisse). Il meurt dans un petit hospice à Tafers près de Fribourg le 8 septembre 1918 et est inhumé dans l’église de la paroisse locale.

En 1956, sa dépouille mortelle est transférée à la Maison-mère de la Société à Rome.

En 1942, son procès de béatification a été officiellement ouvert, et en 2011 le Vatican a publié le décret sur le caractère héroïque de ses vertus.